Le projet SITELM

Le projet SITELM s’intéresse à la notion de « coût résidentiel », qui prend en compte les dépenses des ménages à la fois pour leur logement et pour leur mobilité quotidienne en fonction de leur localisation résidentielle. Cette notion globale permet de mieux repérer les ménages économiquement mis en tension par les dynamiques territoriales. Par exemple, les mécanismes du marché immobilier peuvent éloigner certains ménages du pôle urbain, les rendant dépendants de l’automobile et augmentant les coûts de leur mobilité quotidienne. Ces mêmes mécanismes peuvent conduire d’autres ménages à vivre en centre-ville dans des logements petits, vétustes et mal chauffés.

Dans ce cadre, le projet SITELM veut explorer les enjeux sanitaires et sociaux induits par cette mise en tension et s’interroge : qui sont les ménages en difficulté face à leur coût résidentiel ? Où résident-ils, comment vivent-ils dans leur « espace habité » au quotidien ? Y a-t-il des risques psychosociaux et physiologiques ainsi que des pathologies particulières symptomatiques de leur mise en tension, et comment les révéler ?

Pour répondre à ces questions, le projet SITELM propose une approche mixte, croisant des méthodes issues des sciences sociales et des sciences de la santé.

  • Nous établirons deux typologies, l’une des ménages en tension et l’autre de leurs territoires de vie à partir des résultats d’un module expérimental “coût résidentiel” de deux récentes « enquêtes ménages déplacements » (EMC²) réalisées à Grenoble en 2019-2020 et à Clermont Ferrand en 2022-2023.
  • Ces typologies permettront de repérer des ménages en tension vivant dans différents territoires pour lesquels des entretiens qualitatifs approfondis seront réalisés avec une approche anthropologique et un questionnaire santé
  • Ces typologies alimenteront également une étude en population générale, avec un focus sur les ménages avec enfants (approche épidémiologique à partir de la cohorte ELFE), afin d’identifier leurs associations avec la santé,
  • Enfin, nous décrirons l’état de santé des populations résidant au sein des territoires des ménages en tension à partir du Système National des Données de Santé (SNDS) et des données locales d’offreurs de soin (épidémiologie spatiale).

Outre le fait de comprendre comment le territoire de vie peut être générateur de pathologies, l’objectif final du projet est de fournir une réflexion contribuant à mieux intégrer la question territoriale dans les politiques de santé et la question de la santé dans les politiques de planification et d’aménagement du territoire.  

Le projet SITELM mobilise le Laboratoire Aménagement Economie Transports (CNRS/Lyon2/ENTPE) pour l’exploitation du module ‘coût résidentiel’ des enquêtes déplacements et pour les entretiens approfondis auprès des ménages en tension. L’exploitation de la cohorte ELFE sera réalisée avec l’expertise de l’Équipe WAKING du CNRL et les données spatialisées de santé seront traitées au sein du Laboratoire de Biométrie et Biologie Evolutive (HCL/UCBL). Une thèse croisant approches en aménagement urbanisme et en épidémiologie sera co-encadrée par Jean-Pierre Nicolas (LAET) et Sabine Plancoulaine (WAKING).

Les porteurs.euses

Sabine PLANCOULAINE

Sabine Plancoulaine est médecin de Santé Publique et du sommeil, épidémiologiste, directrice de recherche à l’Inserm au sein du Centre de Recherche en Neurosciences de Lyon. Ses recherches portent sur le sommeil et les rythmes circadiens, leurs déterminants et les indicateurs de santé associés (développement cognitif et comportemental, santé respiratoire, immunité, etc.). Ses travaux se basent principalement sur les données collectées au sein  des cohortes de naissance auxquelles elle participe, dont ELFE.

Jean-Pierre NICOLAS

Jean-Pierre Nicolas est directeur de recherche au CNRS et travaille au sein du Laboratoire Aménagement Economie Transports à Lyon (LAET). Ses recherches portent sur l’analyse des interactions entre territoires et mobilités quotidiennes ainsi que sur l’évaluation des politiques publiques locales en transport et urbanisme. Il s’intéresse aujourd’hui plus particulièrement au coût résidentiel, notion qui intègre les coûts liés à la mobilité quotidienne et au logement des ménages et qui permet d’apporter un éclairage systémique sur divers sujets d’actualité touchant aux territoires inclusifs, à la transition énergétique et au réchauffement climatique.

Pierrine DIDIER

Pierrine Didier est docteure en anthropologie sociale, chargée de recherche contractuelle au Laboratoire Aménagement Economie Transports à Lyon (LAET). Ses recherches portent sur l’anthropologie de la santé avec une focale sur les pratiques des professionnels de santé et leurs mobilités, l’accès aux soins et l’influence des politiques sanitaires sur les systèmes de santé (Madagascar et France). Elle s’intéresse à l’analyse des pratiques sociales, professionnelles, individuelles, politiques par l’application des méthodes mixtes.

Nicolas ROMAIN-SCELLE

Nicolas Romain-Scelle est médecin de santé publique, et travaille en tant que Assistant Hospitalier Universitaire au Laboratoire de Biométrie et Biologie Evolutive (LBBE) et aux Hospices Civils de Lyon (HCL). Il travaille en tant que biostatisticien pour l’activité de recherche clinique du CHU (essais et études observationnelles), et prépare une thèse de sciences en modélisation des maladies infectieuses à l’échelle intra-urbaine s’appuyant notamment  sur les enquêtes de mobilité quotidienne.

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