Les CLATs jouent un rôle central dans la prévention et le dépistage de la TB au sein des population précaires, vulnérables. Le succès de ces missions repose en grande partie sur le dialogue entre le patient et le soignant.
La tuberculose (TB) est une maladie respiratoire contagieuse à fort marqueur d’inégalités sociales. Pour enrayer la diffusion de la TB, les deux piliers principaux reposent sur le diagnostic fiable et le traitement des patients, couplé au dépistage des sujets exposés potentiellement infectés. Ces missions sont actuellement confiées par les autorités aux Centres de Lutte Antituberculeuse (CLAT).
Cette nécessité de porter attention à la fois au particulier et au social justifie l’importance de l’approche anthropologique en santé.
Le projet TUBAAT propose ainsi une approche combinant médecine, microbiologie, éco-épidémiologie évolutive, et anthropologie, sur les enjeux de santé liés aux populations vulnérables atteintes de la TB de la région Auvergne-Rhône-Alpes (AURA), en vue de proposer des mesures d’intervention pouvant anticiper et améliorer l’accès aux soins pour un meilleur contrôle de la TB.
Ce projet innovant vise la mise en place d’un réseau connecté de surveillance efficace et durable de la TB à l’échelle de la région AURA par l’entrainement d’un réseau interdisciplinaire pouvant réagir rapidement et efficacement en cas d’émergence de pathologies infectieuses au sein des populations vulnérables, même en dehors de la TB.
Claire Harpet est anthropologue, ingénieure de recherche à l’Université Jean Moulin Lyon 3. Ses recherches, menées en interdisciplinarité, portent en santé sur les façons par lesquelles les individus appréhendent la morbidité et le soin dans un monde globalisé. Elle s’intéresse plus particulièrement aux maladies infectieuses et à la problématique de l’antibiorésistance dans des pays à forts contrastes sociétaux.
En 2022, elle a dirigé un ouvrage collectif sur l’antibiorésistance pour penser le phénomène de l’antibiorésistance comme un fait social et non plus seulement biologique. Elle est impliquée dans des projets « One Health » avec des acteurs de la santé humaine, de la santé animale et de l’environnement (dont le projet Comedia-Lyon financé par SHAPE-Med), au sein desquels elle apporte une dimension spécifique de terrain anthropologique et de méthode ethnographique.
Oana Dumitrescu est maître de conférences des universités à la Faculté de Médecine et Maïeutique Lyon Sud et praticienne hospitalière, responsable du laboratoire de diagnostic de la Tuberculose des Hospices Civils de Lyon. Spécialisée en bactériologie, ses recherches portent sur les stratégies innovantes pour lutter contre les infections bactériennes, en particulier celles causées par Mycobacterium tuberculosis. Elle dirige le groupe émergent « Lyon TB study group » au sein du Centre International de Recherche en Infectiologie (CIRI), où elle explore les aspects épidémiologiques, immunologiques et thérapeutiques de la tuberculose.
Engagée dans la formation des futurs professionnels de santé, elle promeut un enseignement transversal visant à dresser des passerelles entre les disciplines biologiques, les spécialités médicales et les sciences humaines et sociales. Dans le cadre de ShapeMED, ses travaux s’inscrivent dans une approche interdisciplinaire, alliant recherche fondamentale, clinique et innovation thérapeutique, avec pour objectif de répondre aux défis posés par les infections bactériennes dans un contexte mondialisé.